Echangisme : faut-il céder à la tentation ?

Malgré l’abondance d’informations sur la sexualité – et Dieu sait que nous autres salopes nous y intéressons – nous sommes encore victimes d’idées reçues qui compliquent notre vie sexuelle. Cette semaine, Salope Mag a décidé de briser un tabou : celui de l’échangisme.

Nos fantasmes de voyeurisme et d’exhibitionnisme, notre sentiment d’être parfois animés de pulsions sexuelles débordantes font de nous des candidates potentielles à l’échangisme. Certaines s’y aventurent par curiosité, pour explorer leur sexualité. D’autres décident de faire cette expérience pour booster leur vie intime. Au-delà de l’aventure, céder à leur fantasme serait-il trop effrayant qu’il nécessite la protection de l’autre ? Le couple qui s’ennuie a souvent trop de pudeur pour lever le voile dans l’intimité ; n’osant assumer ses désirs d’ailleurs, il y va main dans la main. Mais que signifie faire l’amour avec un autre, sous le regard de son partenaire ? Le regarder faire l’amour ?

La question de la “triangularité” – le tout premier trio étant papa, maman et moi – et les fantasmes qui y sont liés se rejouent sur la scène échangiste. Est-ce la solution pour redonner de l’élan à la sexualité ? Si ce qui conduit le couple à se rendre dans un club réside dans sa difficulté à s’accorder le droit d’être plein de désir ou de mobiliser son imaginaire érotique, gageons que l’échangisme ne réglera pas le problème. L’expérience peut même faire émerger de nouveaux embarras : la colère devant la jouissance de l’autre, le décalage dans le couple quand l’un y trouve son compte et l’autre pas, l’impression d’avoir été jeté en pâture si notre compagnon a le sentiment d’avoir été poussé à la partouze par nos désirs de salope…

Rappelons qu’il ne s’agit pas de morale : la salope est au-dessus de la morale. Rien ne nous empêche de faire l’amour à dix, à vingt – quelle salope n’a jamais rêvé d’un bon gang-bang ? – et la salope qui souhaite introduire une variante dans sa vie sexuelle déjà riche peut y trouver une jouissance supplémentaire. Mais si elle a peur de son désir – ce qui peut arriver aux plus acharnées d’entre nous, tout dépend du contexte – aucune pratique nouvelle ne réglera cette crainte : c’est en amont qu’il faudra tenter de la comprendre. N’est pas salope qui veut !

Nous sommes, une fois encore, devant cette fausse croyance d’un désir émergeant de l’extérieur, alors qu’il ne peut venir que de nous, de la liberté intérieure que chaque salope porte en elle dès la naissance. Nos désirs et nos envies : c’est bien ça l’important !

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