Libre et connasse : psychopathologie de la salope

La femme moderne a heureusement bien évolué. Forte des conquêtes du féminisme, elle a vu ses droits augmenter, tant dans le monde du travail et de la politique que dans celui du sexe ( – Ah mais nan, y’a encore beaucoup à faire hein! – Vos gueules, c’est pas le sujet et en plus moi j’ai envie de voir le verre à moitie plein, OK?). La femme peut donc aujourd’hui enfin (presque) se permettre d’avoir une vie sexuelle permissive, libérée et diversifiée (salope!). La femme peut faire les études qu’elle veut et en principe (vos gueules j’ai dit), accéder à toutes les professions qui lui chantent, de Grand Vizir de l’Allemagne à danseuse à gogo sur une tige qui la fait ressembler à un kebab à paillettes. La femme peut faire des enfants même à 40 ans si ça l’arrange, se marier, divorcer, voter, tuer en série (mais néanmoins assez rarement), geeker et combattre dans l’armée. Roter pas encore, il y a des tabous qui sont insurmontables.

Par contre, dans le domaine sentimental, la femme reste étrangement fragile. L’origine de cette vulnérabilité est tout d’abord cérébrale. Juste sous l’hippocampe, au beau milieu de l’amygdale, le jardinet des émotions du cortex, se situe le noyeau de la connerie féminine. Chez certaines, il a la taille du Sahara Occidental, chez d’autres du Luxembourg, mais aucune n’y échappe. La petite glande conne a comme particularité d’envoyer au cerveau des impulsions, traduites chimiquement par les neurotransmetteurs en pensées, lesquelles se transforment immanquablement en actes. Toute cette fébrile activité neurologique a pour affligeant résultat de rendre la femme sensible à tout être qui lui vend un produit emballé et étiqueté: « besoin d’être réparé/aidé/compris ».

Au beau milieu du centre de la connerie, une petite maman est assise sur un banc, attendant qu’on ait besoin de ses soins d’infirmière de l’âme. La petite maman est infatigable et sa principale qualité est de COMPRENDRE. Attention, cette petite maman est très différente de la maman réelle, celle qui sèche les pleurs de sa descendance, met des pansements, fait des puzzles, fait faire les devoirs et met des m&m’s sur les gâteaux d’anniversaire. Non, ça c’est la maman pour enfants, qui est elle très intelligente (et parfois un peu hystérique) et dont le centre névralgique se trouve situé à un tout autre endroit du cerveau.

Je parle ici de la petite maman pour hommes et celle-là est en général conne, voire très conne, voire d’une connerie consternante. Confrontée à des salauds qui se payent manifestement sa poire, elle reste cependant pleine d’empathie, de bonne volonté et de douceur magnanime. Une fois que quelqu’un s’est fait une petite place dans son cœur, la femme en mode « conne » comprend et pardonne tout. L’enculé qui lui promet depuis des années de quitter sa femme et qui revient vers elle après chaque nouveau mioche qu’il a fait à sa légale, le détraqué qui ne sait pas où il en est, qui voudrait bien mais qui doit réfléchir, le manipulateur à éclipses qui revient quand l’espoir s’en presque envolé, pour mieux repartir. Que la femme qui n’a pas eu son boulet me jette la pierre, ou qu’elle se taise à jamais. Même la plus forte, la plus déterminée, la plus lucide a un jour trainé dans sa vie un homme pour qui elle a attendu, cru, espéré, pleuré, effacé, revu, re-espéré, jusqu’à ce que nerfs et larmes amères s’ensuivent. Car il y avait toujours en elle cette attente du changement, ce besoin chez elle d’être celle qui, enfin, réparerait la pauvre âme en peine qui avait tant besoin d’elle. Le cœur, c’est son talon d’Achille.

Certains diront que cela ne concerne que quelques femmes bien précises, ces femmes qui aiment trop, celles qui sont prêtes à tout pour quelques miettes. Je ne crois pas. C’est plutôt quelque chose dans l’essence même de la femme qui la pousse à comprendre, à accepter, à pardonner et à se dépasser. Cette folie altruiste passagère est souvent cause de grande souffrance et de comportements défiant toute logique, et qui fait penser à son entourage que la femme prise de connerie (comme d’autres sont pris de boisson) est résolument pathétique, voire à enfermer. Et pourtant, cette connerie-là a quelque chose de grandiose, de sublime. Parce que l’amour qu’elles donnent est souvent infini, les femmes sont parfois de magnifiques et attendrissantes connes.

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