Pourquoi je vais en bibliothèque

Cela fait un petit moment que cette nana vient à la bibliothèque où je me rends habituellement. Et à chaque fois, ou presque, je la vois. Elle a ses habitudes. J’ai les miennes. On se retrouve dans la même salle depuis plus de trois mois maintenant.

Enfin.

On ne se retrouve pas vraiment puisqu’on ne s’est jamais adressé la parole.

C’est qu’elle traîne la plupart du temps avec un autre gars, le genre beau mec ténébreux, qui s’installe à côté d’elle. D’ailleurs elle ne m’a peut-être jamais remarqué. Généralement, quand nos regards se croisent c’est vraiment par hasard et elle ne s’attarde jamais. Elle glisse.

Moi pas.

Je la mate fixement. En douce mais fixement. Je lève la tête, je fais semblant de réfléchir et, de manière la plus anodine, je plante mon regard sur elle pendant plusieurs dizaines de secondes. Fixement.

Ah… Je rêve d’une rencontre fortuite, un truc beau, un peu comme dans les comédies romantiques américaines. Je serais gêné, emprunté, mais elle trouverait ça charmant, je la ferais rire…

Je suis nostalgique des années collèges.

Où je faisais déjà beaucoup de rêves érotiques à l’époque.

La différence c’est qu’aujourd’hui je bande moins dur et moins longtemps.

Mais depuis un mois, à force de penser à elle, je m’affine. J’ai du perdre au moins trois kilos et mon IMC sort lentement de la zone de morbidité. Ça ne change pas ma sale gueule bien sûr, mais cela me donne un petit surcroît de confiance en moi.

Dans ces moments-là, Sophie, je l’oublie totalement.

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